Protection de vos revenus
Prévoyance gériatre : au-delà de la CARMF
Contrairement à ce qu’on lit souvent, il n’existe pas de « trou de 90 jours » : la CPAM indemnise du 4e au 90e jour, la CARMF prend le relais au 91e, et le plafond est le même des deux côtés. Le vrai problème est ailleurs — dans le niveau de ce plafond et dans les charges qui continuent de courir.
Barèmes 2026 vérifiés auprès de la CARMF et de l’Assurance Maladie
- de carence, puis IJ de la CPAM
- 3 jours
- relais par la CARMF
- 91e jour
- le plafond, des deux côtés
- 197,51 €/j
Le « trou de 90 jours » n’existe plus
C’est l’argument commercial le plus répandu du marché de la prévoyance médicale. Il était vrai avant juillet 2021. Il ne l’est plus.
Non — la CPAM couvre les 90 premiers jours depuis le 1er juillet 2021
Jusqu’en 2021, un médecin libéral en arrêt ne percevait effectivement rien avant le 91e jour. Depuis le 1er juillet 2021, l’Assurance Maladie verse des indemnités journalières aux professionnels libéraux affiliés à la CNAVPL, du 4e au 90e jour d’arrêt — trois jours de carence, puis indemnisation. La CARMF prend ensuite le relais à partir du 91e jour. Un site qui vous vend encore un « trou de 90 jours » vous vend un argument périmé.
- J1-J3 Jours 1 à 3
Carence — aucune indemnisation du régime obligatoire
- CPAM Jours 4 à 90
Indemnités journalières de la CPAM, calculées sur 1/730e du revenu moyen des trois dernières années
- CARMF À partir du 91e jour
Relais du régime invalidité-décès de la CARMF, calculé sur 1/730e des revenus nets de l’avant-dernière année
- 36 mois Jusqu’à 36 mois
Durée maximale de service des indemnités journalières de la CARMF, avec des variations selon l’âge
| Période | Organisme | Base de calcul | Plafond au 1er janvier 2026 |
|---|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | — | Carence | 0 € |
| Jours 4 à 90 | CPAM | 1/730e du revenu moyen des 3 dernières années | 197,51 € bruts / jour |
| À partir du 91e jour | CARMF | 1/730e des revenus nets d’activité de l’avant-dernière année | 197,51 € / jour |
Au 91e jour, l’organisme change — pas le montant. Le plafond est aligné entre les deux régimes.
Le vrai problème : un plafond, et des charges qui courent
Le régime obligatoire ne laisse pas de trou dans le calendrier. Il laisse deux trous dans le montant.
Le barème 2026 de la CARMF s’échelonne, pour les moins de 62 ans, de 65,84 € par jour (revenus inférieurs ou égaux à 48 060 €) à 197,51 € par jour (revenus égaux ou supérieurs à 144 180 €). Ce plafond est atteint dès 144 180 € de revenus annuels : au-delà, chaque euro de revenu supplémentaire n’est plus indemnisé du tout. Un gériatre dont le revenu dépasse ce seuil subit donc une perte proportionnellement croissante — et 197,51 € par jour, soit environ 6 000 € par mois bruts, ne compense pas un revenu qui lui est supérieur.
C’est le point que le régime obligatoire n’a jamais eu vocation à couvrir, et qu’aucune indemnité journalière ne prend en charge. Pendant votre arrêt, vos charges fixes continuent de courir : loyer du cabinet, crédit d’équipement, salaire du secrétariat, cotisations, assurances, logiciel métier, comptabilité. Les IJ remplacent une partie de votre revenu ; elles ne paient pas votre cabinet. C’est précisément l’objet d’une garantie « frais professionnels », qui se souscrit à part.
- Des indemnités journalières de la CPAM du 4e au 90e jour d’arrêt
- Un relais par la CARMF à partir du 91e jour, jusqu’à 36 mois
- Un calcul indexé sur vos revenus déclarés, dans la limite du plafond
- Un régime invalidité-décès géré par la CARMF
- Les trois premiers jours d’arrêt (carence)
- La fraction de revenu au-delà du plafond de 197,51 € par jour
- Les frais professionnels : loyer, crédits, salaires, cotisations, assurances
- Le maintien de votre niveau de vie si votre revenu excède nettement le plafond
- La perte de clientèle et les conséquences d’un arrêt prolongé sur votre patientèle
Prenez votre revenu net annuel, divisez-le par 365. Comparez au plafond journalier applicable à votre tranche. L’écart, multiplié par la durée d’arrêt que vous voulez couvrir, donne le besoin en indemnités journalières complémentaires. Faites ensuite la somme de vos charges fixes mensuelles : elle donne le besoin en frais professionnels. Ce sont deux garanties distinctes — un contrat qui ne propose que la première laisse votre cabinet à découvert.
Votre besoin dépend de votre statut, pas de votre spécialité
| Votre statut | Ce dont vous relevez | Le besoin complémentaire |
|---|---|---|
| Gériatre salarié hospitalier | Régime des praticiens hospitaliers, avec un maintien de traitement pendant une durée déterminée | Généralement plus faible sur les premiers mois — la question se pose pour les arrêts longs et l’invalidité |
| Gériatre libéral exclusif | CPAM du 4e au 90e jour, puis CARMF | Élevé : plafond journalier et frais professionnels entièrement à votre charge |
| Activité mixte | Deux régimes qui ne se cumulent pas librement | À arbitrer précisément — c’est le cas où les erreurs de souscription sont les plus fréquentes |
| Coordonnateur d’EHPAD vacataire | Régime libéral pour cette part d’activité | Le revenu de coordination entre dans l’assiette : à déclarer |
Trois clauses décident de la valeur réelle d’un contrat de prévoyance, bien avant la cotisation. La définition de l’incapacité : « incapacité à exercer votre profession » ou « toute profession » — la seconde vide la garantie de son sens. La franchise : elle doit s’articuler avec les 3 jours de carence, pas s’y ajouter aveuglément. Les exclusions : affections psychiques, affections dorsales et rachidiennes sont très fréquemment exclues ou soumises à des conditions restrictives — vérifiez-le explicitement.
Questions fréquentes sur la prévoyance du gériatre
Existe-t-il un « trou de 90 jours » avant les indemnités de la CARMF ?
Combien touche un gériatre libéral en arrêt de travail ?
Pendant combien de temps la CARMF verse-t-elle des indemnités journalières ?
Mes charges de cabinet sont-elles couvertes pendant un arrêt ?
À partir de quel revenu la prévoyance complémentaire devient-elle indispensable ?
Un gériatre salarié a-t-il besoin d’une prévoyance ?
Pour aller plus loin
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Entre votre revenu, le plafond du régime obligatoire et vos charges fixes : une proposition construite sur des montants, pas sur un argument périmé.